C comme Chicharito

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Portrait de Quentin Müller

Le temps s'arrête, la foule aboie de toute part, on hurle au hors-jeu, à l'injustice, dans les tribunes, sur le banc bleu, les joueurs fixent l'arbitre de touche, lèvent les bras au ciel, leur bouche grande ouverte ne se referment point. Dans toute cette agitation, un homme un seul jouit. Il vient en effet de libérer son équipe. Il est mexicain, il a une tête d'ange, et se fait nommer le "petit pois". Juste derrière Van Persie dans la hiérarchie des attaquants, Chicharito n'est pas un titulaire en puissance mais le Mancunien a le mérite de planter et d'apporter une solution en profondeur, une sorte de super supersub qui n'est pas sans rappeler une figure emblématique du football Mancunien.
 
Il y a des joueurs pour qui une entrée en jeu se révèle être bien plus bénéfique qu'une titularisation. Javier Hernandez semble faire partie de ce genre de joueurs, habitués à entrer 30 voire 20 minutes avant la fin du match. Les défenses adverses sont alors concentrées sur un, voire deux individus grand maximum. Le Mexicain fait son apparition, et au lieu de jouer en pivot ou de conserver la gonfle dos au but, Hernandez prend l'espace, fait des appels, court, use, fatigue. Déjà bien consommée par ses minutes engrangées depuis le coup d'envoi, le type qui défend alors sur lui doit gérer un joueur au style et aux intentions différentes tout en faisant gaffe à ne pas laisser trop d'espace entre lui et son camarade. Une situation délicate qui laisse le plus claire de son temps des gouffres dans lequel s'engouffre le « petits pois. »
 
Des stats qui parlent
Avec une 156 minutes de jeu dans le ventre en 6 matchs de PL, Hernandez compte deux pions. Un bilan plus qu'intéressant quand on sait que cela représente près de 26 minutes de jeu jouées par rencontres. A noter également qu'en LDC, l'intéressé en est à deux buts en trois matchs. Mais au delà des stats, Ferguson possède en Javier une véritable alternative. Van Persie, Rooney et Welbeck sont en effet des attaquants qui préfèrent jouer face au jeu, recevoir le ballon de manière latérale ou verticale mais plutôt au sol. Tout le contraire de Chicharito qu'on cherche le plus souvent par de longs ballons venus du milieu ou encore de la défense. Hier, contre Chelsea, à 2-2 la formation de Ferguson souffrait d'un manque de profondeur. Ses deux attaquants de pointe étaient en effet trop souvent bloqués dans l'axe et ses milieux bien trop occupés à défendre pour se permettre d'apporter des solutions. L'entrée d'Hernandez en lieu et place d'un milieu fit beaucoup de bien à Rooney, recentré au milieu. Après quelques appels jugés hors-jeu, le super sub planta. But hors-jeu ou pas, le Mexicain eut le mérite d'être là, au bon moment, tranchant, décisif et toujours aussi éclairé d'un flair de renard, comme à son habitude. Si cette espèce d'attaquant semble être en voie de disparition, elle trouve en tout cas un beau relais en ce « petits pois. »
 
Un « Baby face Killer » qui aime Chelsea
Coincidence ou pas, la dernière victoire des Red Devils en Premier League, à Stamford Bridge, remonte en avril 2002. United avait alors fessé les Blues 3-0 grâce à des caramels de Paul Scholes, Ruud van Nistelrooy et... Ole Gunnar Solskjaer, joueur que l'on compare souvent  à Hernandez. Le Norvégien vivait alors une situation sportive relativement similaire. Sans cirer le banc à outrance, Ole Gunnar a longtemps été un remplacent de luxe, une sorte de Joker qui joue un rôle toujours prépondérant dans l'acquisition finale de titres. On se souvient bien évidemment de la Ligue des Champions 1999 remportée dans les toutes dernières secondes grâce à un coup de patte de l'attaquant Mancunien. Nous nous souvenons également combien Solskjaer était un attaquant efficace devant le but, aussi froid qu'un mort à l'heure d'affronter les gardiens. En 366 piges disputées sour le maillot rouge d'un Sir Alex admiratif, Ole Gunnar planta à 126 reprises, soit un ratio de 0.34 buts par matchs. Une stat qui n'est pas sans rappeler les 0,39 buts (36 buts-92 piges) par matchs de celui qui mime désormais le "C" à chaque exploits.
 
Comme tous bons attaquants qui se respectent, Chicharito a son équipe fétiche, celle qu'il s'amuse à faire souffrir. En même pas trois saisons sous le maillot rouge, Chicharito empile pas moins de trois buts contre les Blues de Chelsea. Le premier remonte au 8 mai 2011. United doit alors absolument s'imposer dans son antre sous peine de voir Chelsea repasser devant à quelques journées du terme. En bon sauveur, Hernandez plante le 1-0 après seulement quelques secondes de jeu grâce à un appel qui laissa sur place la défense des Blues. Chelsea ne s'en remettra jamais et United fut champion. Autre pion, pas des moindres non plus ; cela se passe en février 2012. Les Red Devils sont menés 0-3 en seulement 50 minutes de jeu. Grâce à un doublé de l'infernal Wayne Rooney et à une tête en fin de rencontre de l'inévitable Javier Hernandez, Manchester arrache le nul au finish. Le 4e donc si on comptabilise également celui inscrit lors d'une improbable glissade pendant le Community Shield perdu par les Blues 3-1 en 2010...
 
Hernandez réinvente le concept de supersub. Mais avec autant d'efficacité dans les pieds et de talent dans ses courses, Chicharito ambitionne mieux. De quoi titiller le crâne de notre ami Ferguson.
 
Q.Müller.
 
Crédit Photo : Pasionsports.com
Hernandez.

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