France-Japon vu du stade

La voiture ronronne, elle fonce en direction de Saint-Denis. Dans le rétro, des motos de flics dégagent la route à un grand bus aux vitres teintées, ce sont les Jap', les hiéroglyphes qui jonchent le design du bolide en attestent. On ne verra qu'un simple adjoint, mis à l'avant du bus.
Arrivés aux bordures du stade, des groupes scolaires, des mères et pères de famille qui font répéter le onze Japonais à leurs gosses complètement obnubilés par les ballons bleus -blancs-rouges qui sont proposés un peu partout. Dans cette marée de peaux blanches et d'yeux Européens, se cachent quelques bridés, venus tout de même en nombre. Des Japonaises aux maillots de Nakata, de Nakamura, du beau gosse Hasebe, mais aussi du très vilain Takana, se font prendre en photo. Sourires dentifrice et jeux de mains débiles se font shooter alors que certains supporters Français chantonnent bruyamment "Japonais, Japonais, on t'encule..." Les bars pressent des stands de mal bouffe à la va-vite. On se paye des sandwichs à la merguez et aux frites, on se tape les verres de bière remplis et on rit grassement. Seule la flotte vient pourrir cette ambiance de vieille France, cette atmosphère de vieux 13e arrondissement, même si il est vrai, davantage envahi par les Chinois. On repère quelques occidentaux traîtres aux maillots un poil trop bleus pour être des nôtres. Sûrement se sont-ils fait avoir par le pouvoir manipulateur d'Olive et Tom ou bien par celui de Shaolin Soccer (film Hong-Kongais)... Allez savoir. Comme prévu le speaker beug sur quelques noms de joueurs Japonais. Un type au maillot de Manchester époque Cantona et au nez aussi rouge que sa tenue dance, trempé, seul, verre de bière à la main. De la soirée, on ne croisera que cet unique Rosbif. Insuffisant pour mettre l'ambiance.
Des fumigènes, des jeux de gosse et de l'ennui
Après un hymne saccagé en tribune, les joueurs se serrent les baguettes. Certains sont surpris d'observer un "non-bridé" parmi les Samouraïs. C'est Havenaar, le pote de Kakuta au Vitesse Arnhem. Les premières minutes démarrent fort, à notre droite, une foule de supporters sont debout et hurlent. Non, ce ne sont pas les Japonais, placés un peu plus bas et eux aussi survoltés. Les premiers fumigènes nous indiquent que ce sont des supporters du PSG, peu ou pas du tout concernés pas une issue du match qui devient bien ennuyeuse malgré un début tambour battant. Dans les tribunes on s'emmerde. Certains rigolos balancent des bouteilles de plastique vides, d'autres réalisent des avions en papiers qu'ils jettent. A celui qui ira le plus loin. En fait, personne ne regarde le match. Les supporters du PSG font exploser de gros pétards, un peu comme en Serie A, les joueurs entendent de gros BOOM. Les fumigènes rouges et jaunes sont un temps dissimulés sous un drapeau avant que les flics n'interviennent et calment le jeu. Sur le carré vert, le spectacle est toujours aussi médiocre, seuls Ménez, Benzema et quelques fois Sissoko se démarquent. Le reste est passablement hué, surtout Clichy qui prend cher. " Dis, tu l'as déjà vu avancer à la verticale Clichy ? "-" Il est nul, il apporte rien, puis à City y'a Kolo... je sais plus quoi qui joue à sa place. "
Les olas prématurées se succèdent avant qu'une ne fasse le tour du stade. De leur tribune, les Jap' prennent peur... A chaque légères incursions des joueurs de Zaccheroni, la foule bridée se lève comme un seul homme, à l'image d'une vieille supportrice Anglaise qui beugle à tue-tête quand son équipe vient caresser la surface adverse. Au début ridicule, on prendra une claque quand Nagatomo nous plantera une belle accélération avant de centrer pour Konno qui ne fait alors pas prier pour la mettre au fond.
Fini les blagues du type : " les Japs sont Nippons ni mauvais ", le pays du Soleil Levant nous a donné une leçon d'humilité, de combativité et de bravoure. Contre l'Espagne, on a donc du sushi à se faire.
Q.Müller et François sur place.
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