Et pourquoi ne pas rappeler les vieux de la vieille ?

A l'heure d'affronter le Japon vendredi et l'Espagne mardi prochain, Didier Deschamps dresse une équipe sacrément amochée. Blessures, concurrences bidons, l'ancien coach de Marseille n'aura pas toutes ses cartes en main pour disposer de deux équipes, bien plus fortes sur le carré. Une idée nous a donc brûlé les lèvres : Et si, pour ces deux matchs que l'on sait soit inutile, soit perdu, on ne rappelait pas les vieux de la vieille. Une sorte de jubilé à la noix qui ferait bander toute la presse internationale, redorerait notre blason et clouerait au sol une bonne partie d'une équipe de France parfois à la limite de la nonchalance ?
Qu'on le veuille ou non, l'Équipe de France n'a plus le choix d'antan. Un blessé suffit pour déstabiliser un secteur de jeu déjà fragile. Mais aujourd'hui, plus que par le passé et le future, la France observe un regain de force de ses vieux briscards. Thierry Henry n'en finit plus de planter de jolis buts avec les Bulls (14 pions en 9 matchs), Malbranque réalise un époustouflant retour en Ligue 1, Rothen maintient un certain folklore avec Bastia, Gallas le capitaine se révèle être l'homme de base des Spurs, Meriem a déjà planté son record de but en 7 rencontres, Fanni prouve qu'il est un latéral droit sérieux et Armand et Z.Camara peuvent encore servir. Alors pourquoi s'entêter à créer quelque chose qui n'aboutira pas. Pourquoi ne pas concevoir la surprise comme le fit Pape Diouf en alignant l'équipe de CFA2 au Parc des Princes pour protester contre la politique du PSG envers les fans de l'OM. La pige des minots s'était d'ailleurs soldée par un drôle de match nul... Alors soit, demain soir le Stade de France fera foule mais fort à parier que le spectacle proposé ne ravivera pas la piteuse ambiante qui régnera demain. En revanche, si Deschamps avait pris les devants en prenant quelques vieux briscards qui ont fait, ou même n'ont jamais fait le bonheur des Bleus, l'enthousiasme serait autre. L'EDF n'a rien à perdre et puis il est tangible que cette équipe faite de toute pièce pourrait créer un électrochoc psychique important, pas seulement chez les joueurs Français, mais aussi en face, où Zaccheroni et Del Bosque auraient pu subir de plein fouet l'effet de surprise. Faisant passer les coachs Italien et Espagnol pour de véritables oeuvres d'art de Picasso ou encore de Salvador Dali.
Des lacunes un peu partout
Elle est là la différence entre nos deux prochains adversaires. D'un côté, le Japon, fort d'une belle réserve de joueurs qui évolue aujourd'hui au plus haut niveau, de bons espoirs, excellents durant les J.O, (Kagawa-Manchester United, Honda-CSKA Moscou, Nagatomo-Inter Milan, pour les plus connus, mais aussi Hajime-Bayer, Atsuto-Schalke 04, Hiroki-Hanovre 96, Takashi-Francfort). Le pays du soleil levant forme une équipe ultra huilée et sûre de ses forces. De l'autre, l'Espagne, on la connaît, et on ajoutera tout simplement, comme illustration symbolique que le pauvre Mata, leader technique de Chelsea, n'a pas été appelé, la faute d'un "manque de place" selon son coach... No comment. La comparaison avec le coq fait tâche. A droite de notre portière nous avons un Debuchy à la vinaigrette ou un Jallet à la crème fraîche, à gauche, certains préfèrent un Clichy goût fraise, plus titulaire à City, à un Evra au caramel, capitaine de United. Et il paraît que ça se touche... Au milieu, rien de plus basique qu'une purée industrielle, du M.Sissoko-Gonalons-E.Capoue-Matuidi, peut-être très bons dans leurs rôles et peut-être très prometteurs, mais au combien moins sexys et créateurs que Xavi, Iniesta ou encore Honda... Devant, Benzema semble ne pas apprécier d'être seul en pointe. Si l'attaquant des Bleus joue seul devant au Real, ne cherchez pas, le problème vient de notre milieu, pas assez qualifié pour alimenter correctement l'ancien Lyonnais. Un peu comme le fit Anelka, Karim décroche trop, de même que son association avec Giroud n'a pas été folichonne contre... la Biélorussie. Deschamps n'étant pas fan d'un 4-4-2 jugé aujourd'hui obsolète, Benzema doit alors emprunter une aile qui ne lui convient guère non plus.
A moins que nos chers Bleus réalisent deux exploits, pour le spectacle on repassera certainement.
Q.Müller.
Crédit Photo : Zimbio.com
Henry.
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