FC Porto, little South America

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Portrait de Quentin Müller

Il y a des équipes dont la formation est une spécialité, il y en a d'autres dont les moyens stratosphériques permettent de recruter des tonnes, pour le reste il y a le FC Porto. Inférieur au Sporting et au Benfica à la fin des années 70, la capitale économique du Portugal se révèle être aujourd'hui LA ville du football Portugais. Si le FC Porto ne forme que très peu de Portugais (Deco, Liedson et Pepe étant des Brésiliens naturalisés), la formation Ibérique est une véritable machine à exhiber et cela lui rapporte du fric. En presque 10 années de règne, Porto a réalisé des recettes qui dépassent la barre des 500 M d'euros (!). L'adversaire du PSG est également l'équipe qui a empoché le plus de trophées au XXIe siècle (!). Plus que jamais, Porto éclabousse l'Europe de valeurs sportives et lucratives, de plus en plus difficile à fournir en période de crise. Tout l'inverse du PSG qui profite des recettes du pétrole Qatari. L'opposition de style est lancée !
 
Beaucoup l'ignorent mais ce soir le PSG va affronter un os. Un inconditionnel des grandes soirées Européennes, vainqueur de la LDC deux fois, titulaire d'une Coupe UEFA et de deux Ligue Europa ainsi que de deux Coupes intercontinentales. Et pourtant, chaque année on fait du FC Porto un animal affaibli par les départs de ses pépites vendues à prix d'or. Depuis 5 ans, les supporters Dragões ont vu leurs idoles s'en aller, les unes après les autres, telles des feuilles en pleine période d'automne. Les talents de demain débarquent au Portugal, et Porto se les accapare dans un anonymat complet. Une fois exposés à la scène Européenne, les gros clubs se les arrachent. Quelques bonnes saisons suffisent, le type est vendu pour une coquette somme d'argent avant que son héritier ait bien évidemment été choisi avec soin. Des exemples, il en eut une flopée. Jardel avait été liquidé à Galatasaray (+18.3 M), Deco à Barcelone (+21 M), Diego au Werder (+6M), Bosingwa, Paulo Ferreira et Carvalho à Chelsea (+60 M), Anderson à United (+31.5 M), Quaresma à l'Inter Milan (+18.6 M), Lucho et Lisandro respectivement à l'OM et à l'OL (+48 M) Bruno Alves au Zénith (+22 M), Raul Meireles à Liverpool (+14 M), Falcao à A.Madrid (+40 M), puis Hulk au Zénith (+58 M). Vous l'avez compris, les pépites ne sont que de passage à Porto. Elles arrivent inconnues au bastion, depuis les années 2000, principalement d'Amérique du Sud, pour par un rond. Porto possède en effet une ribambelle de 250 recruteurs, tous aussi aux aguets les uns que les autres. On les retrouve partout dans le monde, même si moins en Europe : " Si on abordait, par exemple, un joueur allemand, on n'aurait rien de spécial à lui offrir, tandis que, quand on parle avec un Brésilien, il sent tout de suite qu'il va faire avec nous un pas de géant dans sa carrière et améliorer sa qualité de vie ", argumentait Antero Henrique, directeur général du club.
 
Un virtuose en cache un autre
Aujourd'hui, Porto est devenu une référence absolue en matière de flair. A chaque départ important émerge une solution. Le remplaçant précédent prend la place du titulaire exilé sans que d'aucune manière le niveau de l'équipe en soit bouleversé. Ainsi, quand Lisandro s'en alla à Lyon, Falcao le remplaça avec brio. De même que, une année seulement après le départ du capitaine Lucho, ce fut au tour de Moutinho de succéder à l'Argentin, avec la réussite qu'on lui connaît également. Pepe parti, Rolando lui suppléa si bien que le défenseur Portugais se fit à son tour draguer, et ainsi de suite... Porto respire l'organisation et aspire à la santé économique. Avec les bénéfices que le club récupère à chaque mercato, le club Portugais semble actuellement être un des rouages qui fonctionne le mieux en Europe malgré la conjoncture. Mieux que quiconque, les Dragões réussissent à allier résultats sportifs et bénéfices, quant des formations comme Arsenal ou le Bayern peinent à allier les deux. " Notre club est reconnu partout dans le monde comme une référence pour faire progresser les joueurs. On nous sollicite en permanence pour étudier les dossiers de tels ou tels éléments. " 
 
Une politique qui paye
Au final, seuls les plus forts, sur un plan individuel essentiellement, franchissent le cap et débarquent à Porto, où là, on leur apprend à développer leurs sens collectif. Porto agit toujours dans l'ombre. Loin des paillettes, des footballeurs samba qui agitent les petits derrières des plus grosses écuries Européennes, la capitale économique du Portugal s'intéresse à des dossiers bien moins coûteux et peut-être bien plus avantageux. D'abord parce que le transfert est susceptible de ne pas valoir une brique, puis parce que pauvreté économique ou sportive oblige, le type ne peut qu'accepter l'offre de Porto quand d'autres Européens préféreraient des formations plus huppées. Sur ces dossiers là, Porto est bien souvent la seule écurie à jeter son dévolu. On prend " des risques bien sûr, et en n'hésitant pas à aller le (Hulk ndlr) chercher dans un club de D2 Japonaise. Mais nous avons pu, là comme dans d'autres cas, nous reposer sur une structure éprouvée, qui nous permet d'avoir rapidement accès à des informations sur le potentiel du joueur. Sans oublier que nous bénéficions d'un réseau efficace d'agents, avec qui nous travaillons en parfaite harmonie ", mais cela vaut le coup. Acheté quelques millions au Japon, Hulk fut revendu plus de 10 fois son prix d'achat.  C'est comme ça donc que Porto assure ses arrières à chaque début de saison. Bis repetita aujourd'hui. Avec l'attaquant Brésilien et Falcao en moins (soit 124 buts à eux deux sur la totalité de leurs saisons à Porto), comment ne pas croire que le champion Portugais, sacré quatre fois de suite (2006-2007-2008-2009), ne puisse perdre en qualité ? Tout simplement parce que, une nouvelle fois, le staff Portugais a la, ou plutôt les solutions ; elles se nomment Jackson Martínez, James Rodríguez (sur qui United a hésité à investir 35 M), Iturbe, Atsu et Fernando (toutes venues d'Amérique du Sud en excluant Atsu).
 
Maicon a prévenu Paris : « Nous pourrons arrêter Ibrahimovic ». Porto ne sera pas à sous estimer. Loin de là...
 
Q.Müller.
 
Crédit Photo : Bestsport.com
FC Porto
 

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