Taïder ce Saphir

Il y a des touchers de balle, des mouvements, des regards et des prises de décisions qui n'appartiennent qu'aux grands ou aux futurs grands. Pas besoin d'user de grandes enjambées petit, on sait que tu deviendras grand. Saphir Taïder possède cette fameuse graine de champion. Après avoir squatté le centre de formation de Grenoble, le natif de Castres fut contraint de s'exiler en Serie A, rétrogradation de Grenoble oblige. Après un transfert avorté vers la Juventus, Taïder va finalement rester à Bologne mais en copropriété. Une option qui ne l'embête guère.
A l'image de Strasbourg il y a maintenant quelques années, Grenoble n'eut le choix, il fallait lâcher ses perles pour ne pas couler plus bas. Avec Jackson Mendy et Atila, Taïder fait ses bagages, il n'a alors que 18 ans, seulement un match pro en Ligue 1 et une vingtaine de matchs en Ligue 2 dans le ventre. Statistiquement, le jeune garçon sait que ce sera dur de réussir à l'étranger : « Les statistiques montrent que la majorité des jeunes qui ont eu l'opportunité de partir dans un championnat étranger, se sont un peu brûlé les ailes. » Mais qu'importe, il faut partir et trouver preneur. Chose difficile quand le CV ne se résume qu'à un club en liquidation judiciaire. Malgré ça, Bologne récupère le jeune Franco-Maghrébin, persuadé d'en faire quelque chose par la suite. Mais l'agitation du départ et le changement de vie bouleverse alors le jeune garçon, habitué à être dorloté au centre de formation de Grenoble par des gens qu'il connaissait sur le bout des doigts : « La rétrogradation nous a fait mal. C’est mon club formateur, c’est grâce aux gens, aux coachs de la formation que j’en suis là et j’ai une pensée pour eux, tous ceux qui vont rester au chômage ! » L'Italie est un dépaysement, la région est charmante mais Taïder, éloigné de son cocon, trouve dans un premier temps la botte Transalpine bien agitée. Le stade Mussolinien Renato-Dall'Ara (capacité 38.279 places) est immense et ne ressemble à rien en France, plusieurs fois le jeune Saphir se demande ce qu'il fout là. « C’est frustrant, je ne pensais pas quitter Grenoble si jeune », reconnaît-il alors. Pourtant, lorsque le gamin fait son baluchon, Saint-Etienne, l'Udinese et la Fiorentina lui tendent la main, Taïder privilégie alors son possible temps de jeu. « C’est le club qui me donnera le plus de temps de jeu, je ne voulais justement pas aller dans un gros club étranger pour faire de la figuration ! Mon choix est réfléchi. » Après un court temps d'adaptation, Saphir se fait finalement à l'Emilie-Romagne, puis, être éloigné de sa famille, Taïder sait mieux que quiconque gérer l'affaire : « j'ai eu la chance de partir très tôt dans les centres de formations. Je me suis habitué. J'étais à Castelmaurou, à Grenoble. C'est vrai que je les voyais rarement, ça a sans doute forgé mon caractère. » A Bologne, son grand reuf veille sur lui et gère tout pour que Saphir se concentre exclusivement sur la compétition.
Un milieu box-to-box complet déjà titulaire
Si à Bologne il bouffe de la tactique et il y affronte aux entraînement les fameux adversaires invisibles, Taïder est avant tout confronté à une féroce concurrence. Même si la relative polyvalence du gamin joue en sa faveur, des jeunes comme Krhin, Ramirez ou encore des anciens confirmés comme D.Pérez et Diamanti lui barrent d'entrée la route. Oui mais voilà, Taïder n'est un le petit gars né de la dernière étoile. Aux entraînements ce dernier montre de belles qualités de pressing, de vitesse et d'agilité. Saphir ne lâche rien, son volume de jeu explose de semaine en semaine, perspective intéressante quand l'entraîneur, Stefano Pioli, décide alors d'orienter son schéma de jeu vers un 3-5-2, avec cinq milieux. Diamanti joue alors plus haut, ce qui laisse une place au jeune Taïder qui jouera lui plus bas, en une position qu'il affectionne pour faire valoir ses qualités de récupération et de premières passes. Si le natif de Castres évolue aujourd'hui dans un registre davantage défensif, Taïder, racine Maghrébine oblige, possède une dribble court et une intéressante vitesse de course. Chose que Saphir travaillait étant plus jeune avec « son plus grand idole », son frère, Nabil Taïder (29 ans), passé par Toulouse notamment. Aujourd'hui, en apprenant des grands joueurs tels que D.Pérez et Di Vaio, l'intéressé semble avoir franchi un premier palier. Taïder s'est frayé une place dans le onze titulaire de Bologne où il a déjà planté deux pions en seulement 19 apparitions.
Un profil contemporain
Un bien beau total surtout si on se fie à sa position assez basse sur le terrain, car même si des aptitudes offensives, Taïder en possède, dans une configuration en 3-5-2, chaque absence à un poste se fait ressentir. Contrairement à la majorité des milieux défensifs, le meilleur pote d'Ishak Belfodil possède d'autres caractéristiques bien plus intéressantes que celles prônées aujourd'hui. Le physique ne semble plus être une solution car les équipes jouent désormais davantage au sol, c'est pourquoi des gars comme Saphir, agiles, rapides, endurants et surtout rigoureux dans le pressing semblent prendre le pas sur les exigences athlétiques. « J’ai signé 4 ans à Bologne, et je me sens vraiment bien ici. Pouvoir jouer contre les plus grands clubs du monde et dans l’un des meilleurs championnats me donne envie. » Titulaire face au Milan AC, lors de la seconde journée de Serie A, le natif de Castres semble avoir atteint son but. Si ce dernier déclare bien évidemment rêver d'évoluer un jour dans une structure plus compétitive, Taïder ne semble point frustré par sa vraie-fausse arrivée à la Juve qui a finalement préféré le laisser couver à Bologne. Mais n'est pas pour rien que le staff Bianconeri possède actuellement 50 % de ses droits... Didier Deschamps ferait mieux de se bouger si il ne veut pas que Saphir choisisse finalement la Tunisie.
Avec Diamanti et Saphir, pas de doute, Bologne possède l'équipe la plus précieuse.
Q.Müller.
Crédit Photo : Zimbio.com
Taïder.
- Connectez-vous ou inscrivez-vous pour publier un commentaire


Scottish Premier League J-22
G.Müller a une phase d'avance
Emre, un raciste fini ?
Bologne, la bonne sauce ?